Les Albanais à Genève : une communauté entre générations

  • Eduard Luta
  • 11.09.2026
  • Communauté
  • 18 min de lecture
Ylljet Aliçka lors d’une présentation publique de Slogans à Genève, le 20 octobre 2012
L’écrivain et diplomate albanais Ylljet Aliçka lors d’une présentation de Slogans à Genève, le 20 octobre 2012. Photo : Albinfo / Wikimedia Commons, CC BY 3.0. Redimensionnement et conversion WebP.

Table des matières

  1. Combien d’Albanais vivent à Genève ?
  2. Un nom, plusieurs territoires
  3. Du travail temporaire à une vie durable
  4. Une université populaire créée par des Albanais, partagée avec Genève
  5. Le français à l’école, l’albanais entre générations
  6. Un film destiné aux parents albanophones
  7. Ce que change la génération suivante
  8. Gëzuar, la fête du Drapeau et le travail des coulisses
  9. Livres, cinéma et une voix passée par Genève
  10. De la cour de Meyrin à la formation servettienne
  11. Travailler, entreprendre et présenter un pays autrement
  12. Croyances, solidarité et présence publique
  13. Prendre sa place sans s’effacer
  14. Trouver sa communauté à Genève
  15. Ressources utiles à Genève
  16. Questions sur la Genève albanaise

La Genève albanaise se découvre dans des salles de classe, des répétitions et les parcours de personnes qui ont appris à vivre en français sans renoncer au shqip. Fin 2025, le canton comptait 8 267 personnes de nationalité kosovare ou albanaise. Une autre mesure estime à environ 9 842 le nombre de personnes de 15 ans et plus déclarant l’albanais comme langue principale en 2024. Aucun de ces chiffres ne raconte tout. Pour comprendre cette présence, suivons une étudiante devenue directrice, une cour d’école à Meyrin et une association qui a ouvert ses portes à tous.

À son arrivée à Genève en 1992, Albana Krasniqi Malaj parlait déjà français. Quatre ans plus tard, elle participait à la création de l’Université populaire albanaise. En 2016, elle racontait au journaliste Xavier Lafargue les débuts de l’association aux Charmilles : des hommes regardaient la télévision albanaise, espérant reconnaître sur les images des proches dont ils n’avaient plus de nouvelles. Apprendre la langue du pays d’accueil était urgent ; savoir quelqu’un en vie pouvait l’être davantage. Ce souvenir est rapporté dans le portrait de Lafargue, initialement publié par la Tribune de Genève.

L’institution porte aujourd’hui le nom d’Université des Cultures de Genève. Ce changement dit quelque chose de la ville : une organisation créée pour accueillir les albanophones est devenue une ressource pour des voisins de nombreuses origines. L’histoire albanaise de Genève est celle d’arrivées, mais aussi d’institutions qui ont duré, évolué et trouvé leur place dans la vie commune.

Combien d’Albanais vivent à Genève ?

Au 31 décembre 2025, le canton de Genève comptait 7 843 personnes de nationalité kosovare et 424 de nationalité albanaise, soit 8 267 personnes pour ces deux catégories. Il recensait séparément 961 ressortissants de Macédoine du Nord. Ces chiffres du registre de population de l’OCSTAT portent sur la nationalité, non sur l’appartenance ethnique. Ils concernent tout le canton, et pas uniquement la commune de Genève.

Trois catégories de nationalité. Canton de Genève · 31 décembre 2025. 7 843; 424; 961
Trois catégories de nationalité · Canton de Genève · 31 décembre 2025.

Le Relevé structurel 2024 de l’Office fédéral de la statistique apporte un autre éclairage : environ 9 842 personnes de 15 ans ou plus déclaraient l’albanais comme langue principale, soit 2,4 % de la population genevoise couverte par l’enquête. L’intervalle de confiance relatif publié est de ±9,55 %, ce qui correspond approximativement à 8 902–10 783 personnes. Il s’agit d’une estimation issue d’un échantillon.

L’albanais comme langue principale. Genève canton · Relevé structurel 2024 · 15 ans et plus. 9 842; 8 902–10 783
L’albanais comme langue principale · Genève canton · Relevé structurel 2024 · 15 ans et plus.

On ne peut pas additionner ces résultats. Ils se recoupent, portent sur des années différentes et ne couvrent pas les mêmes populations. L’enquête linguistique concerne la population résidante permanente de 15 ans ou plus vivant en ménage privé ; elle exclut les diplomates, les fonctionnaires internationaux et leurs familles. Le registre des nationalités inclut tous les âges. Une personne suisse parlant albanais peut figurer dans l’estimation linguistique sans apparaître parmi les étrangers. Un enfant peut être recensé selon sa nationalité sans avoir l’âge de participer à l’enquête.

Sources : OCSTAT T 01.01.8.05, actualisé le 27 février 2026 ; OFS T 01.08.01.02, 2024. Ces sources ne donnent pas un total des personnes d’ascendance albanaise. Les nationalités nord-macédonienne, kosovare et albanaise ne correspondent pas exactement à une identité ethnique ; tous les ressortissants serbes ou monténégrins ne peuvent pas davantage être comptés comme Albanais. Aucun multiplicateur arbitraire ne permet de combler ces lacunes.

Un nom, plusieurs territoires

Fin 2025, la commune de Genève comptait 210 601 habitants, contre 537 191 pour le canton. Onex, Meyrin, Vernier, Lancy et Plan-les-Ouates sont des communes distinctes, situées dans ce canton. Leurs manifestations ont toute leur place dans ce guide, à condition d’en préciser le lieu. Le mot « Genève » dans le nom d’une association ne déplace pas ses activités dans les limites de la ville.

Le Grand Genève s’étend au district de Nyon, dans le canton de Vaud, et à la France voisine. Lausanne appartient à la région lémanique, mais ni à la ville ni au canton de Genève. Une famille peut traverser ces frontières pour travailler, répéter ou retrouver ses proches. Une statistique doit conserver le périmètre qu’elle mesure.

Pour se repérer, on peut commencer par les institutions : l’UPA aux Charmilles, l’association étudiante à Uni Mail, Gëzuar à Onex et Dituria à Plan-les-Ouates. L’enseignement de l’albanais touche encore d’autres communes. Ce sont des lieux de participation documentés, pas des preuves permettant de désigner un « quartier albanais ». Le tableau communal de l’OCSTAT fournit les chiffres de population.

Du travail temporaire à une vie durable

La communauté albanaise de Genève ne s’est pas constituée en une seule vague. Les migrations de travail depuis la Yougoslavie, l’exil politique et la guerre du Kosovo ont produit des expériences différentes, parfois au sein d’une même famille. Les personnes venant du Kosovo ou des régions albanophones de Yougoslavie n’étaient pas enregistrées comme ressortissantes de l’Albanie. Ne consulter que cette dernière nationalité efface une grande partie des arrivées anciennes.

Genève revisite aussi les conséquences du travail saisonnier sur les familles. En février 2024, le Cinélux programmait avec l’UPA Lettres ouvertes, documentaire de Katharine Dominicé. Le film, en français, albanais et portugais, aborde le statut saisonnier et la séparation. Il complète utilement une chronologie : les permis déterminaient aussi la possibilité de vivre ensemble.

Des institutions qui durent. Quelques étapes documentées · canton de Genève. 1991; 1996; 1999; 2010; 2013; 2026
Des institutions qui durent · Quelques étapes documentées · canton de Genève.

Dès 1991, la section genevoise de la Ligue des enseignants et parents albanais organisait l’enseignement de la langue d’origine. L’UPA est née en 1996. Ces deux dates précèdent la fin de la guerre du Kosovo : une continuité locale se construisait alors que l’avenir restait incertain ailleurs. Après la guerre, le travail quotidien autour de l’école, du français et de la participation à la vie genevoise s’est poursuivi.

Une université populaire créée par des Albanais, partagée avec Genève

L’histoire publiée par l’UPA situe sa création en 1996 comme centre d’accueil des albanophones, puis l’ouverture de ses prestations à toute la population genevoise en 2010. Son nom actuel, Université des Cultures de Genève, exprime cette vocation élargie. L’acronyme UPA demeure. Il s’agit d’une association de formation et de participation sociale, distincte de l’Université de Genève qui délivre des diplômes universitaires.

Albana Krasniqi Malaj et Ueli Leuenberger occupent une place dans cette histoire par leur travail. Dans son témoignage, elle souligne le rôle de Leuenberger pour obtenir les soutiens nécessaires à la fondation. Le programme actuel associe cours de français, permanence sociale, accompagnement administratif, activités familiales et préparation à la naturalisation. L’organisation évoque plus de 80 nationalités parmi ses publics : c’est sa propre présentation institutionnelle, non un dénombrement des Albanais.

Pour une personne nouvellement arrivée, la question est souvent immédiate : comprendre un courrier, choisir un cours ou accompagner son enfant à l’école. Le site de l’UPA publie le programme actuel, dont les inscriptions aux cours de français 2026–27. Sa page de contact précise les modalités d’accueil. Son histoire associative raconte un mouvement plus large : recevoir de l’aide peut devenir une manière de contribuer à la ville.

Le français à l’école, l’albanais entre générations

Dans un entretien publié par Servette FC en décembre 2018, Kastriot Imeri retrouvait le journaliste à Bellavista, son école d’enfance à Meyrin. Il décrivait une famille qui mélangeait les langues et cherchait à parler albanais avec son petit frère, pour qui le français venait plus facilement grâce à l’école. Ce récit donne un visage local à une question familière : se sentir pleinement chez soi ici n’empêche pas d’avoir besoin d’occasions pour entretenir la langue familiale.

Active depuis 1991, LAPSH–LEPA Genève organise les cours de langue et culture albanaises. Son site indique désormais les horaires 2026–2027. Pour choisir une classe, consultez ce calendrier et les informations d’inscription : une ancienne adresse d’école ne garantit ni le maintien d’un cours ni son horaire actuel.

Affiche multilingue, notamment en albanais, à l’école des Pâquis à Genève, le 10 mai 2020. Consignes sanitaires historiques
Affiche multilingue, notamment en albanais, à l’école des Pâquis à Genève, le 10 mai 2020. Consignes sanitaires historiques. Photo : MHM55 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Redimensionnement et conversion WebP. Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0.

La liste cantonale des organismes LCO identifie LEPA Genève pour l’albanais et mentionne les élèves de 1P à 8P. Ce document est intitulé 2024–2025 : il confirme l’organisme, pas les horaires de cette année. Le rapport de l’association décrit la collaboration avec les écoles publiques et les communes. Ces cours complètent la scolarité ordinaire des enfants.

Une photographie de ce guide montre l’albanais parmi les langues d’une affiche à l’école des Pâquis en mai 2020. Elle documente la manière dont une école genevoise s’adressait aux familles à un moment précis. Elle ne permet pas d’attribuer une origine ethnique aux élèves, et les consignes sanitaires qu’elle porte sont historiques. C’est une trace visible d’une langue plus souvent entendue qu’écrite dans l’espace public.

Un film destiné aux parents albanophones

En 1999, l’instruction publique genevoise produisait Shkollimi : l’école genevoise en albanais. L’archive officielle ARCHIPROD le présente comme un outil interculturel destiné à expliquer l’école à une communauté agrandie par les guerres. Les besoins étaient concrets : comprendre ses principes et les attentes des enseignants, des premières classes jusqu’à la formation professionnelle.

Voir sur le site du diffuseur d’origine · Shkollimi : l’école genevoise expliquée en albanais (1999). Film historique intégral publié par ARCHIPROD, archive de l’instruction publique genevoise ; audio albanais. Ce ne sont pas les consignes scolaires actuelles.

Le lien d’archive ouvre l’œuvre complète sur le site de son éditeur. Regardez-la comme un document historique : pour les décisions actuelles, les parents doivent consulter les informations du canton et leur école.

Ce que change la génération suivante

Les données de nationalité éclairent l’importance des activités pour les jeunes. Parmi les 8 267 ressortissants kosovars et albanais du canton fin 2025, 2 326 avaient de 0 à 19 ans, soit 28,1 %. Les 20–39 ans étaient 2 660. Le premier groupe comprend aussi de jeunes adultes. Ces chiffres concernent les deux nationalités retenues, pas toutes les personnes d’ascendance albanaise.

Une population jeune dans deux nationalités. Nationalités kosovare + albanaise · Genève canton · 2025. 2 326; 2 660; 2 825; 456
Une population jeune dans deux nationalités · Nationalités kosovare + albanaise · Genève canton · 2025.

Le rapport LEPA intitulé « 2023 », signé en novembre 2024, offre un aperçu de l’enseignement : 210 élèves réguliers et 17 classes, avec des communes mettant des locaux à disposition. Le texte mélange les années scolaires et contient des incohérences ; ces totaux ne doivent donc pas devenir des effectifs de 2026. Le récit de la fête de fin d’année à Aïre, à Vernier, est plus clair : les enfants et parents de différentes classes se sont retrouvés, les familles contribuant aux repas et à l’organisation.

Ce travail donne une vie sociale à la langue. Un cours transmet la lecture et l’écriture ; rencontrer d’autres enfants donne des occasions de les pratiquer. À l’université, l’Association des étudiant·e·s albanais·es de l’Université de Genève, AEAUG, prolonge ces liens avec des activités culturelles, académiques et sociales, dont projections et discussions. Elle accueille aussi les personnes qui s’intéressent à la culture albanaise sans en être issues.

Gëzuar, la fête du Drapeau et le travail des coulisses

La Ville d’Onex répertorie Association Gezuar-GE parmi ses associations culturelles. Son objectif est de transmettre la culture albanaise aux jeunes générations, notamment par la danse. La présentation municipale évoque déjà une troisième génération. Le spectacle est la partie visible ; les répétitions et celles et ceux qui les rendent possibles assurent la continuité.

Shkurte Fejza rend visite à Gëzuar et à la communauté albanaise à Genève. Vidéo originale de KomShqip ComAlb, relayée par l’association. Audio albanais. Voir sur le site du diffuseur d’origine. Si le lecteur ne fonctionne pas ici, utilisez le lien d’origine. La lecture et les sous-titres dépendent du diffuseur.

La vidéo ci-dessus provient de la chaîne de la communauté albanaise de Genève, qui la relaie sur son site. Elle montre la visite de Shkurte Fejza auprès de Gëzuar et de la communauté à Genève. La chanteuse est une artiste invitée, pas une résidente genevoise dans ce récit. La rencontre est locale, les liens culturels dépassent la Suisse.

Les images associatives de la fête du Drapeau de 2018 constituent un autre témoignage collectif. Les programmes ultérieurs réunissent écoliers, chanteurs et plusieurs organisations. Dans son compte rendu de la fête de 2023, LEPA cite Gëzuar, Rinia Contact et Hareja aux côtés de ses élèves. Une commémoration nationale devient un rendez-vous local lorsque des personnes qui fréquentent habituellement des lieux différents partagent une scène.

Fête du Drapeau 2018 à Genève, filmée et publiée par KomShqip ComAlb. Archive d’une fête locale de la communauté ; audio albanais. Voir sur le site du diffuseur d’origine. Si le lecteur ne fonctionne pas ici, utilisez le lien d’origine. La lecture et les sous-titres dépendent du diffuseur.

Ces vidéos sont des archives datées. Pour les prochaines manifestations, consultez le calendrier de la Communauté albanaise de Genève. Dates, salles et modalités d’entrée peuvent évoluer ; la célébration du 28 novembre n’a pas nécessairement lieu ce soir-là.

Livres, cinéma et une voix passée par Genève

La photographie en ouverture a été prise à Genève lors d’une présentation de Slogans, le 20 octobre 2012. Elle montre l’écrivain et diplomate albanais Ylljet Aliçka participant à une rencontre publique. Il était invité à Genève ; l’image documente cet échange sans faire de lui un habitant de la ville. La vie culturelle albanaise se nourrit aussi de ces rencontres entre résidents et artistes de passage.

Pour Elina Duni, le lien relève de l’enfance. Née à Tirana en 1981, elle s’installe avec sa mère à Genève en 1992. Sa biographie officielle et son portrait chez ECM retracent ensuite ses études de jazz à Berne et la création d’une musique où les chants des Balkans rencontrent l’improvisation. Les chansons d’amour et de départ peuvent voyager sans perdre leur origine.

Elina Duni avec le bassiste Patrice Moret en arrière-plan, à Wil, le 11 mars 2011. Duni a grandi à Genève ; ce concert avait lieu dans le canton de Saint-Gall
Elina Duni avec le bassiste Patrice Moret en arrière-plan, à Wil, le 11 mars 2011. Duni a grandi à Genève ; ce concert avait lieu dans le canton de Saint-Gall. Photo : Albinfo / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Redimensionnement et conversion WebP. Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0.

Cette photographie montre Duni en concert à Wil en 2011. Son parcours établit le lien avec Genève ; la légende conserve le véritable lieu de prise de vue. Un écrivain invité, une chanteuse ayant grandi ici et une association locale de danse représentent plusieurs façons de faire vivre une culture, sans demander à chacun d’exprimer son identité de la même manière.

De la cour de Meyrin à la formation servettienne

Le témoignage de Kastriot Imeri pour Servette ramène le football à Bellavista. Né à Genève de parents venus du Kosovo dans les années 1990, il se souvenait des parties sous le préau en hiver et de ses débuts au Meyrin FC. Son parcours passe réellement par les écoles et clubs du canton ; il donne plus de sens à cette histoire qu’une liste de célébrités sans attache locale.

L’entretien évoque aussi les effets ordinaires d’une carrière sportive : moins de temps pour rendre visite à la famille au Kosovo, un voyage très court pour le mariage de sa sœur et l’attachement au quartier d’enfance. Ce sont ses souvenirs publiés en 2018. Pour les enfants qui souhaitent jouer, Meyrin FC est une institution locale à part entière ; ni ce club ni Servette ne sont exclusivement albanais.

Travailler, entreprendre et présenter un pays autrement

Arrivé à Genève en 1999, Egin Telqiu a travaillé dans l’hôtellerie de luxe, puis plus de douze ans dans la banque, avant de cofonder Alba Impex en 2021. Dans un témoignage publié en 2025 par la CCIG, il racontait son travail pour faire découvrir les vins albanais aux consommateurs suisses. Il fallait aussi présenter un pays à travers des produits encore peu connus.

La chambre de commerce rapporte plus de 150 dégustations depuis 2022 et des mises en relation avec les acheteurs de Manor. Ces détails concernent un entrepreneur : ils ne mesurent ni le nombre d’entreprises albanaises ni le revenu de la communauté. Son itinéraire élargit néanmoins le récit au-delà des premiers emplois de la migration : l’expérience et les contacts acquis à Genève peuvent relier la ville aux producteurs d’Albanie.

Nous ne disposons pas ici d’un chiffre vérifié pour l’ensemble des entreprises genevoises détenues par des personnes d’ascendance albanaise. Les noms des sociétés ou de leurs fondateurs ne suffisent pas à le calculer. Pour qui souhaite entreprendre, l’exemple renvoie surtout au réseau professionnel de la chambre et aux expériences partagées dans les associations.

Croyances, solidarité et présence publique

Dituria, centre culturel islamique albanais de Plan-les-Ouates, est une institution documentée du canton. Sa place dans ce guide ne fait pas de la religion un critère d’appartenance albanaise. Les personnes ont des croyances et des pratiques différentes ; les statistiques de langue ou de nationalité ne permettent pas de les déduire.

Un récit publié par l’Église catholique romaine de Genève décrit une visite interreligieuse à Dituria en novembre 2023. Les visiteurs ont été accueillis pour le repas, puis pour un échange dans la salle de prière sur les activités du centre. C’est un exemple précis de rencontre par l’intermédiaire d’une institution.

La Communauté albanaise de Genève se présente pour sa part comme non partisane et non confessionnelle. Fondée le 14 avril 2013 au Théâtre d’Onex-Parc en présence de 96 membres fondateurs, elle relie préoccupations culturelles et besoins pratiques. Ce nombre décrit une assemblée associative, pas la population albanaise du canton.

Prendre sa place sans s’effacer

Le total des nationalités kosovare et albanaise dans le registre de l’OCSTAT est passé de 4 961 en 2013 à 8 267 en 2025. Cette hausse ne constitue pas une mesure de croissance ethnique : migrations, naissances, décès et changements de nationalité interviennent tous. L’acquisition d’un passeport suisse n’efface pas davantage l’histoire familiale albanaise.

Les nationalités au fil des années. Nationalités kosovare + albanaise · canton de Genève. 2013: 4 961; 2025: 8 267
Les nationalités au fil des années · Nationalités kosovare + albanaise · canton de Genève.

La participation locale peut aussi précéder la naturalisation. Selon les indications actuelles du canton, les personnes étrangères de 18 ans révolus ayant leur domicile légal à Genève et au moins huit années ininterrompues de domicile légal en Suisse peuvent voter dans leur commune. Ces droits ne s’étendent pas aux scrutins cantonaux ou fédéraux. Consultez les conditions complètes du canton pour votre situation et les règles à jour.

Le buste de Skanderbeg au parc Barton à Genève, photographié le 3 septembre 2024
Le buste de Skanderbeg au parc Barton à Genève, photographié le 3 septembre 2024. Photo : Mike Peel / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Redimensionnement et conversion WebP. Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0.

Au parc Barton, un buste de Skanderbeg inscrit une figure historique albanaise dans le paysage public genevois. Un monument est une forme de présence. Une classe qui reprend à la rentrée, une discussion culturelle ouverte au public ou une association aidant à comprendre un courrier en sont d’autres. Un récit de l’appartenance gagne à les regarder ensemble.

Trouver sa communauté à Genève

Commencez par une activité que vous avez envie de partager. Les parents peuvent se renseigner auprès de LAPSH–LEPA, les étudiants suivre l’AEAUG, les amateurs de danse consulter la fiche de Gëzuar à Onex. L’UPA est un point de départ pour les cours et l’accompagnement pratique. La communauté albanaise de Genève publie des rendez-vous publics. Vérifiez les informations de l’organisateur avant de vous déplacer, surtout hors de la ville.

Pour les adultes qui souhaitent construire une relation, dua.com propose aussi de rencontrer des personnes partageant la langue ou des liens culturels albanais dans le canton et au-delà. Cette possibilité s’ajoute aux rencontres par les amis, le travail et les associations.

Pour élargir la perspective, poursuivez avec les Albanais en Suisse et les communautés albanaises dans le monde. Des premiers locaux de l’UPA aux classes et rencontres d’aujourd’hui, Genève montre une contribution particulière : en cherchant leur propre place, des personnes ont aussi créé des lieux où d’autres pouvaient trouver la leur.

Ressources utiles à Genève

Vérifiées en septembre 2026. Ces liens permettent de consulter les programmes et de se renseigner ; leur présence ne vaut pas recommandation de chaque prestation.

Questions sur la Genève albanaise

Combien d’Albanais vivent à Genève ?

Fin 2025, le canton comptait 7 843 ressortissants kosovars et 424 albanais. L’enquête linguistique distincte de 2024 estime environ 9 842 albanophones de 15 ans ou plus. Ces mesures se recoupent et ne s’additionnent pas. Aucune ne recense toute l’ascendance albanaise.

Les chiffres concernent-ils la ville ou le canton ?

Les données démographiques de ce guide portent sur le canton. La ville de Genève en est une commune. Meyrin, Vernier, Onex et Plan-les-Ouates sont distinctes. Le Grand Genève s’étend dans le canton de Vaud et en France ; Lausanne appartient à la région lémanique élargie.

Où les enfants peuvent-ils apprendre l’albanais ?

LAPSH–LEPA Genève organise les cours de langue et culture albanaises. Son site publie les horaires 2026–2027 et les inscriptions. Consultez ces informations actuelles pour choisir une classe. Les cours complètent la scolarité ordinaire.

Quel est le nom actuel de l’Université populaire albanaise ?

Elle utilise Université des Cultures de Genève tout en conservant UPA. Fondée en 1996 pour accueillir les albanophones, elle a élargi ses prestations à la population genevoise. Cette association de formation et de participation sociale est distincte de l’Université de Genève.

Où trouver des manifestations culturelles albanaises ?

Consultez le calendrier de la Communauté albanaise de Genève, la fiche de Gëzuar dans l’annuaire culturel d’Onex et la page universitaire de l’AEAUG. Les vidéos présentées sont des archives. Vérifiez la date, le lieu et les conditions d’entrée auprès de l’organisateur.

Quelles personnes ont un lien documenté avec Genève ?

Albana Krasniqi Malaj est arrivée en 1992 et a contribué à créer l’UPA. Elina Duni s’est installée avec sa mère la même année. Kastriot Imeri est né à Genève et a grandi à Meyrin. Ylljet Aliçka est présenté comme invité culturel, pas comme résident.

Les personnes étrangères peuvent-elles voter dans leur commune ?

Les indications actuelles du canton prévoient le vote communal pour les personnes étrangères de 18 ans révolus, domiciliées légalement à Genève et ayant au moins huit années ininterrompues de domicile légal en Suisse. Cela ne couvre pas les scrutins cantonaux ou fédéraux. Vérifiez les conditions officielles.

Comment rencontrer des Albanais à Genève ?

Choisissez une activité partagée : cours pour enfants, vie étudiante, danse, manifestations publiques ou cours de l’UPA. Les adultes souhaitant construire une relation peuvent aussi utiliser dua.com pour rencontrer des personnes partageant leur langue ou des liens culturels albanais.

SourcesVoir les sources · 27